Quand l’immobilier se réinvente avec le digital

La crise sanitaire du printemps 2020 a donné un sérieux coup d’accélérateur à l’utilisation des outils digitaux dans le secteur de l’immobilier. Des services plus innovants et mieux optimisés se développent.
À quoi faut-il s’attendre ?

Dossier réalisé par Sophie Extier
Illustration Mr Tadef – Pays Merveilleux

Face à un marché susceptible de pâtir sur le long terme des effets de la crise sanitaire, de nombreuses start-up rivalisent d’idées pour apporter des solutions innovantes aux acteurs de l’immobilier. En transformant cette crise en opportunité, elles dépoussièrent différents pans du secteur : avec les visites virtuelles, les visioconférences et les e-signatures, il est désormais possible de réaliser à distance les étapes inhérentes à la vente d’un bien. Une pratique qui pourrait être amenée à perdurer.

Selon un sondage réalisé par OpinionWay, un Français sur trois pense qu’une transaction immobilière peut s’effectuer à 100 % en ligne et sans intervention humaine.

Autre indicateur intéressant, un Français sur quatre de moins de 50 ans pourrait aller jusqu’à acheter un bien après une visite virtuelle. Des outils qui font entrer le secteur de l’immobilier dans une nouvelle ère appelée « proptech ». Contraction de property et technology, le terme désigne la digitalisation du secteur immobilier. Ou comment le meilleur de la technologie peut réinventer les services proposés par les notaires, les syndics et les agences immobilières traditionnelles afin qu’ils soient plus efficaces et transparents.

Un virage technologique pour les professionnels du secteur

Durant le confinement, le gouvernement a adopté un décret temporaire afin de faciliter la signature électronique à distance des actes notariés, sans présence physique des parties dans les études.

Agents immobiliers comme promoteurs souhaiteraient que ce décret puisse être pérennisé. Les notaires temporisent. Ils rappellent qu’ils sont responsables de l’authentification des parties et estiment que le dispositif mis en place dans l’urgence reste à affiner. Le débat est en tout cas lancé. Cette crise a néanmoins poussé certains offices notariaux à s’équiper de systèmes de visioconférence cryptés. Pour l’heure, ils sont 40 % à en être dotés, selon le Conseil supérieur du notariat. Côté syndics, certains annoncent avoir organisé leurs premières assemblées générales en visioconférence avec vote par correspondance. Mais pour multiplier ce type d’expériences, il faudra probablement clarifier le cadre juridique.

Les nouvelles agences immobilières de la « proptech » cherchent à simplifier les démarches, réduire les délais et mieux répondre aux attentes des consommateurs. Les visites virtuelles en 3D qu’elles proposent ont connu un véritable succès durant la période de confinement et cette pratique risque de perdurer. De nouveaux modes de visite se sont également développés, principalement les appels vidéo. Pour les agents immobiliers, contacter un acquéreur via WhatsApp ou Skype pour lui présenter le logement permet d’instaurer un véritable dialogue. Un avantage que la visite virtuelle ne permet pas.

Autre avantage non négligeable sur le plan financier pour les agences immobilières en ligne : en économisant des frais, notamment des loyers d’agences physiques, elles peuvent réduire considérablement leurs honoraires. Le client payera ainsi normalement moins de frais lors de la vente de son bien que s’il passait par une agence immobilière classique.

Outre le gain de temps qu’elles apportent, ces agences immobilières nouvelle génération pratiquent dans leur grande majorité des commissions fixes au lieu d’indexer des honoraires au prix du bien immobilier comme le font habituellement les agences traditionnelles.

En alliant l’humain et le digital, l’agence immobilière en ligne propose enfin des services plus innovants et mieux optimisés : en plus de la mise en place de visites virtuelles, la multidiffusion des annonces immobilières sur les sites les plus influents du marché et la création d’un espace vendeur permettent de faciliter toutes les démarches administratives…

Start-up régionales proposant des solutions digitales pour l’immobilier

 

Arlynk

La start-up grenobloise ARlynk propose une offre globale de digitalisation des phases de conception et de commercialisation dans l’immobilier neuf résidentiel, tertiaire et urbain. Interlocuteur unique pour le marketing et la vente de programmes immobiliers, experte de la création de contenus 3D, de logiciels de visualisation et simulation 3D multisupport et de solution CRM (gestion de la relation client) de commercialisation, elle offre des solutions « sur étagères » ou sur mesure.

Grâce à la numérisation et aux technologies qu’elle développe, la start-up permet de réaliser des gains significatifs qui contribuent à améliorer le prix de vente pour les clients finaux.

Kesoa

Créée en 2017 en Savoie, Kesoa est une société de communication spécialisée dans la réalisation de visites interactives et immersives en 360 degrés. Les solutions proposées peuvent être utilisées dans différents contextes du secteur immobilier comme l’aménagement, le développement et la valorisation de territoire, l’étude de sites, la réhabilitation de bâtiments et enfin la conception et l’aménagement d’espaces intérieurs et extérieurs.

De la conception à la réalisation, cette agence travaille avec des photographes, des pilotes de drones et des web développeurs à la pointe de la technologie numérique.